• Des amphores ...

    Les amphores, témoins de la mondialisation...

    Les amphores, témoins de la mondialisation antique...Tessons d'amphores issus de la prospection pédestre d'un site à Fontenay-sur-Eure

    La prospection pédestre* effectuée sur divers sites antiques situés dans la boucle de l'Eure a permis de recueillir de nombreux tessons souvent très fragmentaires d'amphores.

    Les amphores, témoins de la mondialisation antique...

    Les amphores étaient des contenants de grande taille dont l'utilisation première était le transport et le commerce de denrées alimentaires variées (huile, vin,…). Les tessons identifiés appartiennent à différents types bien connus des spécialistes qui peuvent y associer un lieu de production et un contenu (notamment par l'étude des inscriptions portées sur certaines amphores).

    Les fragments d'amphores retrouvés dans les labours nous permettent ainsi d'esquisser les échanges commerciaux entre des régions souvent lointaines du monde romain et la boucle de l'Eure, témoignent ainsi de l'ouverture des campagnes chartraines sur le reste du monde antique.

    Les amphores, témoins de la mondialisation antique...

    Les amphores, témoins de la mondialisation antique... Cartographie de la diffusion des amphores retrouvées sur des sites de la boucle de l'Eure

    Les Dressel 1 sont des amphores vinaires italiques. Datées du IIème siècle avant JC à l'époque augustéenne, elles sont liées au commerce de grande ampleur du vin romain. Fabriquées sur la côte tyrrhénienne, les amphores remplies de leur précieux breuvage étaient entassées dans des navires marchands, jusqu'à 10000 unités par bateau. Elles étaient transportées par mer jusqu'à la côte méditerranéenne de  la Narbonnaise (Narbonne, Arles).  De là, elles transitaient par voies fluviales et terrestres jusqu'aux lieux de consommation, principalement des oppida gaulois où on en retrouve des quantités astronomiques (Bibracte, Corrent). C'est ainsi que certaines sont arrivées jusqu'aux établissement ruraux de la boucle de l'Eure. Si la consommation de grandes quantités de vin romain lors de banquets dans les oppida est désormais attestée, la consommation de ce breuvage assez couteux dans les petites fermes reste discutée, certains expliquant la présence d'amphore Dressel 1 comme une réutilisation du contenant pour le stockage de denrées locales. A Fontenay-sur-Eure, un petit établissement rural à livré 15 tessons d'amphore Dressel 1 (appartenant au moins à 3 exemplaires distincts), dont certains provenant de la région de Pompéi comme en témoignent les petits cristaux noirs de pyroxènes volcaniques présents dans la pate argileuse.

    Les Dressel 20 sont des amphores originaires des rives du Guadalquivir (province de Bétique au sud de la péninsule ibérique). Fabriquées pendant plus de III siècle (du début de l'empire à la fin du IIIème siècle), ces amphores à la panse ventrue servaient à l'exportation de l'huile d'olive dont la cuisine romaine faisait une grande consommation. De la cote de Bétique, les amphores remontaient par mer jusqu'à la côte méditerranéenne. Au cours du Ier siècle, la voie de pénétration dans les terres était essentiellement le Rhône mais à partir du IIème siècle elle est remplacée par la voie Aude-Garonne et le transport maritime atlantique permettant l'approvisionnement par la Seine ou le Rhin. Des fragments de Dressel 20 ont été retrouvés sur chacun des sites prospectés dans la boucle de l'Eure.

    Les Haltern 70 sont également originaires de la province de Bétique mais plus particulièrement de la côte où était produit le garum, condiment à base de chair ou de viscères de poisson, voire d'huitres, ayant fermenté longtemps dans une forte quantité de sel, dont raffolaient les gallo-romains. La diffusion du garum de Bétique était assurée par les Haltern 70 et les Dressel 7/11, dont quelques tessons ont été recueillis sur des sites de villa témoignant d'une cuisine à la romaine adoptée par les locaux.

    Les Gauloise 4 sont, comme leur nom l'indique, des amphores produites en gaule même pour la diffusion du vin de Narbonnaise qui supplante le vin romain aux Ier et IIème siècle de notre ère.

    Voilà comment quelques tessons de terre cuite permettent de montrer que les habitants de la boucle de l'Eure étaient en relation, via la cité d'Autricum, avec le commerce international leur fournissant les denrées nécessaires au maintien d'un mode de vie "à la romaine".

     

    * Prospection inventaire sous autorisation du Service Régional de l'Archéologie

    « Autour de GoindrevilleUn enclos dans les champs »

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :