• Assiette d'huîtres gallo-romaines

    Assiette d'huîtres gallo-romaines

    Assiette d'huîtres gallo-romaines

     Coquilles d'huîtres issues de la prospection pédestre d'un site à Ver-les-Chartres

     La plupart des sites gallo-romains prospectés dans la boucle de l'Eure ont livré quelques vestiges de coquilles d'huître. La présence de ces restes animaux peuvent étonner aussi loin des rivages marins. On pourrait s'interroger sur la datation de leur consommation, l'usage des coquilles d'huître pour amender les champs en calcaire à l'époque moderne étant toujours possible. Mais, d'une part, la prospection hors-site n'a pas montrée de telles pratiques sur la zone d'étude; d'autre part, la présence de ces mollusques bivalves est attestée en fouille sur de nombreux sites d'habitat gallo-romain à Chartres et ses environs.

    Les romains étaient en effet friands d'huîtres qu'ils pouvaient consommer crues ou cuites. Selon les auteurs antiques, les huîtres étaient considérées comme des mets de choix, leur prix devait cependant resté accessible comme en témoigne leur présence sur des sites d'habitat modestes. A Pompei, situé il est vrai sur la côte, la centaine d'huîtres était vendue 7 sesterces soit l'équivalent de 28 pains ou de 10 repas modeste à l'auberge.

    Alors que l'étude archéo-conchologique* des zones cotières de la Gaule montre la consommation de plusieurs types de coquillages, seules les huîtres pénètrent en profondeur dans les terres, grâce à leur longue durée de conservation (jusqu'à 24 jours). Des circuits commerciaux s'organisent ainsi dès le I° siècle. Une étude des huîtres découvertes à Chartres montrent qu'elles proviennent de la côte de la Manche dans une région située à l'est du Contentin*. Elles sont alors distribuées soit par voie fluviale (Seine), soit par la route. Elles étaient commercialisées à l'intérieur de paniers, l'ancêtre de nos bourriches, dont des restes ont pu être retrouvés à Chartres.

    En l'état actuel des recherches, ils semblent que les huitres étaient principalement issues de ramassage dans leur milieu naturel plutôt que d'une veritable ostreiculture dans des parcs à huîtres même si des bassins d'engraissement semblent avoir existés.

    La présence de ces quelques coquilles est donc un indice supplémentaire de la romanisation des habitants de la boucle de l'Eure ainsi que des échanges commerciaux avec le centre urbain d'Autricum.

    Pour terminer, nous livrons pour les plus téméraires,  une recette de sauce pour accompagner vos huitres adaptée des traités du célèbre cuisinier romain Apicius

    Ecrasez 2 jaunes d’œuf avec 5-6 feuilles de menthe ciselées, délayez avec 2 cuillerées de nuoc mam (en remplacement du garum romain), la même quantiteé de vinaigre, autant de vin blanc. Ajoutez 1 petite cuillère de miel puis battez avec 1/2 verre d’huile d'olive comme pour n’importe quelle vinaigrette. Poivrez allègrement. Quelques gouttes ajoutées dans l'huître suffisent.

     

    * Archéo-conchologie: Etude des restes de coquillages découverts en fouille.

     * Magali SCHNEIDER et Sébastien LEPETZ L'exploitation, la commercialisation et la consommation des huîtres à l'époque romaine en Gaule. Origine géographique et source d’approvisionnement des huîtres du Vieil-Evreux et de Chartres., in : E. Ridel, E. Barré and A. Zysberg éd, Actes du colloque "Les nourritures de la mer, de la criée à l’assiette". Colloque de TATIHOU organisé par la S.F.H.M du 2 au 4 octobre 2003, 4, Centre de Recherche d’Histoire Quantitative, Histoire Maritime, Caen, 12-34.

      

     

      

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